Affiliation : le guide complet de l’affilié

L’affiliation est une promesse particulièrement alléchante : recommander des produits aux visiteurs de son site internet, et recevoir des commissions en retour si ceux-ci effectuent un achat.

L’affiliation est le business modèle principal de mon entreprise (environ 60 % du revenu) depuis près de 10 ans. J’ai donc acquis une expérience relativement bonne dans le domaine, et vais essayer dans cet article de couvrir le sujet :

  • Dans quels cas est-il possible de générer un revenu substantiel en travaillant en tant qu’affilié ?
  • Quelles sont les plateformes, les modes de tracking, les bonnes pratiques ?
  • Pourquoi certains annonceurs sont-ils plus intéressants que d’autres ?
  • Quels sont les métriques à suivre ?
  • Doit-on baser l’ensemble de son business sur l’affiliation ?

Je précise que je n’ai aucun intérêt financier ou personnel dans les différentes plateformes citées dans cet article.

Un site affilié qui fonctionne : le graal ?

La plupart des entreprises ont le même mode de développement : croissance = augmentation de la charge de travail. Prenons l’exemple d’une boutique en ligne : l’augmentation du revenu est liée à l’augmentation des ventes, hors cette augmentation des ventes entraînera une augmentation de la charge de travail : préparation de commandes, logistique, service après-vente, stockage, etc.

C’est la même chose pour une entreprise de services : le développement entraîne une nécessité de recruter davantage de personnes pour répondre à la demande, des vendeurs, du personnel administratif, etc.

Et ne parlons pas du freelance, qui est rapidement limité par le temps dont il dispose pour répondre à la demande grandissante.

Le succès d'une entreprise entraîne un accroissement du travail nécessaire.

C’est donc pour cette raison que le modèle de l’affiliation, quand il fonctionne bien, pourrait être vu comme le Graal pour de nombreux entrepreneurs : la croissance n’est pas corrélée à une charge de travail plus importante. Que vous réalisiez 1 ou 10 000 ventes dans la journée n’aura qu’un impact limité sur votre charge de travail: pas de SAV, pas de commandes à préparer.

Cependant, cet avantage apparent cache un certain nombre de contraintes : avoir du succès en affiliation demande un travail initial très important, afin d’atteindre le niveau de trafic et d’optimisation propice pour générer un volume de revenus suffisant par la suite.

L'affiliation : peu d'élus.

Les prérequis pour se lancer en affiliation

Avant de se lancer dans l’affiliation, il est donc nécessaire de disposer d’une visibilité suffisante sur un site, une application mobile, une newsletter ou même un simple article, qui traite d’un sujet en adéquation avec l’affiliation.

La thématique est extrêmement importante, il est difficile par exemple pour un site d’actualité people de générer des revenus en affiliation, les visiteurs ne se rendant pas sur ces pages dans une démarche d’achat.

L’intention de vos visiteurs est donc clé pour générer des revenus en affiliation.

Voici quelques types de sites efficaces dans le domaine de l’affiliation :

  • Les médias et sites de contenu sur des marchés ciblés consommation
  • Les comparateurs
  • Les pages de tops dans un domaine précis
  • Les guides d’achat
  • Les sites de cashback et codes promos

Ces différents types de sites ont un point commun, leurs visiteurs recherchent souvent de l’information dans l’optique de réaliser un achat sur Internet.

Les plateformes : Traditionnelles, SaaS, internes

Il existe trois types de plateforme d’affiliation, qui ont chacune des avantages et des inconvénients.

Plateformes d’affiliation traditionnelles

Même si l’affiliation a largement été popularisée par Amazon en 1996 avec son programme d’affiliation internalisé (qui est encore aujourd’hui une référence), les plateformes d’affiliation multi-annonceurs ont clairement été les moteurs de la démocratisation du concept.

Les plateformes d’affiliation traditionnelles organisent une relation tripartite entre l’annonceur, la plateforme et l’affilié. Ici, c’est la plateforme qui gère la totalité des aspects du programme, qui reçoit directement les paiements de l’annonceur, et qui s’occupe de rémunérer les affiliés, après avoir prélevé sa propre commission.

Le modèle des plateformes d'affiliation traditionnelles.

Quelques exemples en France : Tradedoubler, Netaffiliation, Awin, Reactivpub, Webgain, Effiliation.

Avantages pour les affiliés :

  • Les paiements sont récupérés par la plateforme, il y a donc moins de risques d’impayés, et de retards de paiement. Cependant, la plateforme prends souvent son temps pour payer les affiliés, ce qui réduit cet avantage.
  • Il n’est pas nécessaire de suivre les paiements par les différents annonceurs, car cette tâche est gérée par la plateforme.
  • La plateforme gère la relation avec l’annonceur, qui peut être chronophage.

Inconvénients pour les affiliés :

  • Les commissions versées aux affiliés sont moins intéressantes, puisque la plateforme prends une commission (souvent aux alentours de 30 %).
  • La méthode de linking utilisée par les plateformes traditionnelles reposent sur un lien de redirection, ce qui, comme nous le voyons dans la partie “Affiliation et SEO”, est une mauvaise pratique.
  • Ces plateformes étant la plupart du temps très anciennes, elles sont dépassées techniquement et leurs interfaces sont souvent peu intuitives et lentes.
  • La plateforme coûte souvent cher à l’annonceur à la mise en place (plusieurs milliers d’euros), et peut être sélective, et donc refuser certains annonceurs considérés comme trop petits. Les annonceurs peuvent être donc moins enclins à se lancer.

À garder en tête également que ces plateformes sont d’une certaine manière en conflit d’intérêt : touchant des commissions sur les ventes réalisées par les affiliés, les account manager sont encouragés à tout faire pour générer un maximum de conversions, peu importe les affiliés sélectionnés et les méthodes utilisées, ce qui peut conduire à des affiliés peu qualitatifs, ou même des abus et fraudes au détriment de l’annonceur.

Plateformes d’affiliation SaaS

Entre les plateformes traditionnelles, et les plateformes internes, les plateformes d’affiliation en SaaS (Software as a Service) permettent à un annonceur de gérer elle-même son programme d’affiliation, tout en ayant une plateforme externalisée, et un suivi de la part de la plateforme.

Une plateforme en SaaS donne à l’annonceur plus de contrôle sur leur programme, et une relation plus rapprochée avec leurs affiliés.

Le coût pour l’annonceur est également limité, car il ne paye qu’un abonnement mensuel pour utiliser la plateforme : aucune commission sur les commissions versées aux affiliés n’est prélevée.

Le modèle des plateformes d'affiliation SaaS.

La principale plateforme de ce type en France est Affilae.

Avantages pour les affiliés :

  • Une relation plus proche avec les annonceurs, et la possibilité de mieux négocier ses conditions.
  • Une meilleure commission, car souvent, ces plateformes ne prennent pas de commission sur les commissions des affiliés.
  • Une interface souvent plus moderne et efficace.

Inconvénients pour les affiliés :

  • Plus de temps passé à facturer indépendamment chaque annonceur.
  • Nécessité de suivre les paiements, et de faire du recouvrement d’impayés soi-même.
  • Il faut suivre de près les annonceurs, et s’assurer qu’il n’y a pas de soucis au niveau du tracking, car le suivi est moins important de la part de la plateforme, qui n’est pas rémunérée sur les commissions versées aux affiliés

Plateformes d’affiliation internalisées chez l’annonceur

Finalement, il existe des plateformes d’affiliation qui sont gérées totalement en interne, que ce soit au niveau technique (souvent via des plugins pour les plateformes principales d’e-commerce : Woocommerce, Shopify, etc.), ou au niveau relationnel.

Ce fonctionnement donne un très grand pouvoir à l’annonceur : celui de se passer de tier de confiance et d’avoir la maîtrise totale de l’information.

Le modèle des plateformes d'affiliation internalisées.

À l’exception d’Amazon, dont le programme fait référence dans le domaine, je décommande fortement de travailler avec des annonceurs qui ont retenu cette solution, car de mon expérience, il est rare qu’une programme de ce type fonctionne correctement, cela tient souvent plus de la bidouille que d’un programme efficace.

Avantages :

  • Aucuns

Inconvénients :

  • Partie technique du tracking pas forcément au point.
  • Contrôle total du tracking par l’annonceur, avec les risques de confiance associés.
  • Pas de centralisation des informations de conversions des différents annonceurs.
  • Accès souvent difficile aux informations de conversions.
  • Mode de paiement peu clair, et souvent défaillant si on ne le suit pas de près.
  • Pas de tiers de confiance pour suivre le partenariat.

Fonctionnement du tracking

Afin de commissionner les affiliés, les plateformes utilisent différents formes de tracking, qui permettent ainsi le suivi de l’Internaute et de l’ensemble des liens affiliés sur lesquels il a cliqué avant de réaliser son achat.

Les trois méthodes de tracking principales sont le Cookie, l’IP et le fingerprinting.

Le Cookie

Le cookie est un petit fichier déposé dans la mémoire du navigateur de l’internaute, et qui garde en mémoire des informations pour une durée définie.

Ainsi, lorsque l’internaute clique sur un lien affilié, un cookie est déposé sur son ordinateur, qui stocke certaines informations (telles que l’IP par exemple). Le cookie a une durée de validité moyenne de 30 jours en publicités en ligne (Google Ads, Facebook Ads, affiliation, etc.).

C’est une technique qui était fiable par la passé, mais qui l’est de moins en moins en raison de l’apparition des bloqueurs de pubs (installé par près de 30 % des internautes en France), ou de la suppression des cookies navigateur automatique par Apple par exemple.

L’IP

Une adresse IP est un numéro d’identification qui est attribué de façon permanente ou provisoire à chaque appareil relié à un réseau.

Le stockage de l’adresse IP de l’Internaute est de plus en plus utilisée aujourd’hui, car elle permet un suivi de l’Internaute au cours du temps, tant que son IP reste la même. L’IP permet ainsi de remonter une conversion même si le cookie est supprimé (mais reste assujetti à la durée du tracking configuré par l’annonceur).

Cette technique a également ses limites, car l’Internaute peut changer d’IP pour différentes raisons : :passage du Wifi à la 4G sur son téléphone, changement de lieu avec un ordinateur, etc.

Le fingerprinting

Le fingerprinting, technique de tracking plus complète, moderne et complexe, vise à collecter les traces de l’internaute autre que ses cookies ou adresse IP, tels que son device (appareil utilisé), son user agent, version navigateur, etc. Un bon nombre de critères permettent de définir que l’utilisateur est le même, y compris s’il supprime ses cookies et change d’adresse IP.

Le fingerprinting : suivi de l'internaute.

Cette méthode n’est utilisée que par les plateformes d’affiliation modernes, et est la solution de suivi la plus fiable du marché.

Les modes de commissionnement

Imaginez qu’un Internaute souhaite se renseigner sur un produit avant de l’acheter, celui-ci va certainement consulter plusieurs sites internet, et cliquer au passage sur leurs liens qui conduisent vers le site de l’annonceur. Comment décider dans ce cas quel sera l’affilié qui recevra une commission ?

L'attribution en affiliation.

Les annonceurs peuvent donc choisir des modes de commissionnement différents, suivant leur besoin stratégique, qui va définir automatiquement l’affilié qui sera rétribué pour sa contribution.

Les trois principaux modes de commissionnement sont :

Last Click

La règle “Last click” est la plus commune dans le monde de l’affiliation.

Si une règle “Last click” est mise en place, le dernier affilié dont l’internaute aura utilisé le lien sera commissionné, les autres sites qui auront contribué à la vente ne toucheront aucune commission.

Cette règle, même si elle est la plus appliquée, est particulièrement injuste, car c’est justement souvent le premier affilié qui a fait tout le travail pour faire découvrir le produit à l’internaute, et de le convaincre, pourtant, ce peut être un site de code promo qui n’a effectué aucun travail de contenu qui récupérera la commission à la fin, car ce sera le dernier site affilié sur lequel aura cliqué l’internaute.

Les voleurs de cookies du last click

Les programmes d’affiliation sur les plateformes traditionnelles fonctionnent souvent sur règle du dernier Cookie.

Quand un internaute cherche de l’information sur un produit, il va se rendre sur différents sites, qui vont chacun déposer leur cookie d’affiliation (si l’internaute clic sur leur lien). L’annonceur doit donc décider quel sera l’affilié qui touchera la commission, et la plupart du temps, ce sera le dernier affilié sur lequel l’internaute aura cliqué.

Toute la problématique de cette règle, et que souvent, ce sont les sites à pauvre valeur ajoutée qui sont les derniers maillons du parcours utilisateur, et qui profitent de cette règle :

L’internaute commence par chercher quel produit acheter, et tombe sur un site à forte valeur ajoutée, qui va lui donner envie d’acheter un produit.
Une fois que l’internaute s’est décidé grâce à ce premier affilié, il va taper dans Google “Code promo nom du produit”, puis va cliquer sur un lien sur un site de code promo, qui va donc gagner la commission alors que le premier site lui aura fait découvrir le produit

Le pire voleur de cookie : le site de cashback qui va installer un plugin sur le navigateur de l’internaute, afin d’être sûr de déposer son cookie à la dernière seconde, et ainsi s’assurer de récupérer l’ensemble des commissions.

Les voleurs de cookies en affiliation.

First click

À l’inverse du “last clic”, le “first clic” rétribue le premier site sur lequel l’Internaute aura cliqué. Cette règle est plus juste, mais n’est pas dépourvue des défauts : par moment, le site qui fait tout le travail de vente du produit ne se situe pas au tout début de la chaîne.

Partage de commission

Une bonne parade aux deux règles indiquées dans les paragraphes précédents a été trouvée par la plateforme SaaS Affilae, qui propose un système de partage de commission : tous les intervenants dans une conversion peuvent ainsi partager la commission, à des niveaux différents suivant la valeur du site. Bien évidemment, les sites de codes promo et cashback n’apprécient pas forcément cette nouvelle approche, qui devrait pourtant se généraliser.

Le partage de commission

Solution la plus juste, et certainement la plus efficace, le partage de commission distribue la rémunération entre les différents affiliés qui ont contribué à une vente.

Il est même possible de donner un poids à ses différents affiliés, suivant la qualité de leur contenu, ou leur typologie.

Imaginons par exemple qu’un site de contenu ait un poids de 9, et qu’un site de codes promo ait un poids de 1 dans le programme d’affiliation d’un annonceur. Si les deux sites contribuent à une conversion qui rapporte 10€, le premier site gagnera 9€, et le second seulement 1€.

Une relation déséquilibrée

Un des principaux défauts de l’affiliation, vient du déséquilibre de pouvoir entre l’annonceur et les affiliés : l’annonceur à droit de vie et de mort sur ses affiliés.

Les conditions peuvent être changées par l’annonceur du jour au lendemain, sans accord préalable de l’affilié. Ainsi, l’annonceur peut décider sans même en avertir ses affiliés de diviser sa commission par 10, il est même possible que l’affilié ne s’en rende pas compte immédiatement (d’où l’importance d’une analyse régulière des performances comme nous le verrons plus loin).

La tracking est également un point de déséquilibre : il revient à l’affilié de vérifier le maintien de celui-ci sur le site de l’annonceur, ce qui est très difficile quand on gère de nombreux annonceurs. À la moindre mise à jour du site de l’annonceur, le tracking peut sauter, et l’affilié peut mettre des mois à s’en rendre compte. Cela importe peu à l’annonceur, car il n’a pas grand-chose à perdre dans l’histoire, au mieux, les affiliés ne s’en rendent pas compte, et continuent à publiciser les produits de l’annonceur gratuitement.

Tracking non fonctionnel en affiliation

Il peut même arriver (dans de rares cas, et difficile à prouver) qu’un annonceur décide de couper le tracking de temps en temps, ou sur une journée importante, afin d’économiser des commissions : impossible pour l’affilié de s’en rendre compte.

Il est même possible pour l’annonceur d’annuler des conversions après coup, pour diverses raisons (déduplication, internaute déjà client de l’entreprise par la passé, mauvaise humeur, café servi froid, etc..).

Enfin, un certain nombre de conversions passent sous le radar pour diverses raisons, dont :

  • Conversions indirectes via le bouche à oreille une fois un client apporté.
  • Conversions non traquées car le visiteur ne clique pas sur le lien d’affiliation, mais va directement sur votre site après avoir découvert le produit sur le site de l’affilié.
  • Conversions non traquées car le visiteur change d’appareil, par exemple découvre sur mobile, puis se rend sur le site pour acheter via son ordinateur
  • L’utilisateur a un bloqueur de pubs / cookies comme AdBlockOrigin qui bloque certaines plateformes d’affiliation
De nombreuses possibilités de perdre ses commissions en affiliation.

Il convient donc de travailler avec des annonceurs de confiance, qui ont à cœur de mettre en place un partenariat équilibré, qui comprennent bien la valeur que vous apportez, et de les sensibiliser sur ces différents sujets.

Les types d’annonceurs

En tant qu’affilié, vous tomberez sur différents types d’annonceurs, qui peuvent être de belles opportunités pour vous, ou au contraire des partenaires à éviter. J’ai classifié ceux-ci en sept catégories.

Les baleines

Ce sont les annonceurs qu’il faut absolument avoir : leaders dans leurs domaines, leurs produits sont populaires et se vendent bien (fort taux de conversion). Ils ont souvent une stratégie d’acquisition agressive, et sont donc généreux sur les commissions proposées.

Les gros annonceurs en affiliation.

Les Baleines représentent souvent une grosse partie de votre revenu en affiliation, et la facilité à vendre le produit en fait des partenaires fiables sur la durée, c’est sur ceux-ci qu’il faut mettre l’accent.

Les lions de mer

Challengeurs, ils ont une furieuse envie de conquérir leur marché. Leur produit est bon, et plaît à vos visiteurs, et leur équipe efficace. Ils ne rechignent souvent pas à proposer une commission conséquente afin de déloger le leader, et veulent travailler de manière rapprochée avec vous.

Cette catégorie d’annonceur est une bonne opportunité d’augmentation du revenu, et permet également de rappeler à vos baleines qu’elles ne sont pas toutes seules, et qu’elles doivent donc conserver de bonnes conditions afin de vous garder motivé face à leurs concurrents.

Les sardines

Ce sont les annonceurs plus petits, et disponibles en grand nombre. Ils ont des moyens limités, et surtout, sont plus difficile à vendre à vos visiteurs car leurs produits sont moins populaires.

Malgré une forte motivation de leur part, il est fort probable que le revenu restera limité via cette catégorie d’annonceur. Mon approche est donc de tenter dans la mesure du possible de négocier un frais fixe (initial ou récurrent), pour d’assurer un revenu minimum, afin que le fait de travailler avec eux en vaille la peine.

Les poissons clowns

Ce sont les annonceurs qui ont un produit de qualité, et qui souhaitent travailler avec vous, mais qui ne sont pas prêts à proposer une commission suffisante.

En général, ces annonceurs sont trop concentrés sur la dépense immédiate, et ne voient pas l’aspect stratégique de travailler avec des affiliés de qualité : achats récurrents du client par la suite, e-reputation, bouche à oreille des clients apportés, SEO, etc.

Ainsi, même en réalisant un nombre important de ventes, le revenu affiché reste très faible, et n’est pas motivant.

Faible commission en affiliation.

Ces annonceurs doivent donc être travaillés en dernière priorité, jusqu’à ce qu’ils prennent conscience de la nécessité de proposer des conditions motivantes et respectueuses.

Les murènes

Annonceurs toxiques, ils ont les crocs, et feraient tout pour vendre plus, mais font également tout leur possible pour que vous ne receviez jamais l’argent qui vous est dû :

  • Tracking défaillant
  • Retards ou absences de paiement de ses factures
  • Annulation de commissions pour des raisons diverses (dont la fameuse “déduplication des canaux d’acquisition”)
  • Mauvaise fois et remise en cause de vos conditions.
Annonceurs malhonnêtes.

Ne perdez pas de temps avec ces annonceurs, pour lesquels il y a peu de chances que vous touchiez un jour vos revenus.

Les Poulpes

Véritables concouristes, leur seul objectif est de disposer du plus d’affiliés possible, peu importe le niveau d’affinité avec leurs produits. Ce sont souvent des responsables marketing en interne qui gèrent le programme, et qui ont des objectifs à remplir en termes de nombre d’affiliés et de visibilité, plus que de ventes.

L'affinité est très importante en affiliation.

À noter que les affiliate managers des plateformes traditionnelles se comportent souvent comme des poulpes, proposant leurs programmes à l’ensemble de leurs affiliés, sans segmentation affinitaire (il est facile de s’en rendre compte, via la faible personnalisation de leurs emails).

Ceux-ci ne présentent que peu d’intérêt pour vous, car l’affinité joue un rôle clé dans l’affiliation, faire un article sur la pêche à la ligne sur un site qui parle exclusivement de beauté féminine ne vous apportera rien.

Inutile donc d’aller plus loin, même si celui-ci vous propose des commissions au-dessus de la moyenne : 100€ par vente X 0 vente = 0€.

Les Cabillauds

Il s’agit de gros vendeurs en ligne multi-marques. Même si les conditions proposées sont basiques, il est toujours utile, quand on parle d’un produit qui ne dispose pas de programme en propre, de pouvoir rediriger son visiteur vers un site qui propose une rémunération.

Amazon (programme en propre) est le plus gros représentant des Cabillauds, mais nous pouvons aussi parler de Cultura (Affilae), ou encore Nature et Découvertes (Tradedoubler).

Trouver les domaines dans lesquels les annonceurs sont généreux

Afin de générer des revenus suffisant sur un site basé sur l’affiliation, deux questions doivent se poser à vous :

  • Est-ce que je peux générer un volume suffisant de ventes dans ce domaine ?
  • Les commissions proposées par les annonceurs de cette catégorie sont-elles à la hauteur ?

Certains domaines sont réputés pour leur commissions généreuses : Poker en ligne, Paris sportifs, Banques en ligne, assurance, etc. Cependant, ces domaines sont souvent également les plus compétitifs, avec de nombreux médias en ligne déjà placés sur ces niches : faire du volume sera donc difficile à moins que vous ayez déjà un site à fort trafic dans ce domaine.

Tips : Google Keyword planner permet de voir en quelques clics les domaines sur lesquels les annonceurs investissent.

L’idée est donc de trouver une niche suffisamment rémunératrice pour que cela en vaille la peine, mais sur laquelle la concurrence n’est pas encore acharnée.

Affiliation au cœur du business model ou en fond d’articles

Pour que l’affiliation fonctionne sur un site, elle doit impérativement être au cœur de la stratégie d’un site Internet. Un ou deux liens perdus au fin fond du site, sur des pages non stratégiques n’apporteront certainement pas suffisamment de conversions pour que cela en vaille la peine.

Vous devez donc vous assurer que vos liens affiliés se trouvent sur des pages stratégiques du site, qui génère un fort trafic d’internautes en recherche d’information dans le cadre d’une intention d’achat.

C’est pour cette raison que je déconseille d’employer les plupart des kits de bannières fournis par les annonceurs : ceux-ci ne convertissent pas, car ce n’est pas mis en contexte avec votre contenu.

Le calcul de l’EPC, une donnée indispensable

Imaginons qu’un annonceur vous propose 10€ par vente, et qu’un autre vous propose 5€ par vente, vous allez certainement être tenté à l’idée de mettre en avant celui qui vous propose 10€ n’est-ce pas ?

Eh bien ce n’est pas forcément le bon choix.

Si, pour l’annonceur qui vous propose 10€ par vente, vous réalisez une vente à chaque fois que vous lui envoyez 20 visiteurs, et que pour l’annonceur qui vous propose 5€ par vente, vous en réalisez une à chaque fois que vous lui envoyez 5 visiteurs, cela veut dire que pour chaque visiteur envoyé, vous gagnerez 50 cts pour le premier, et 1€ pour le deuxième.

Il est donc plus intéressant de pousser le deuxième annonceur, même si la commission qu’il propose est moins intéressante, car son taux de conversion est meilleur.

La formule pour définir l’intérêt d’un annonceur est appelée l’EPC (Earning per click).

Formule : EPC sur une période = Gain total / nombre de clic.

À noter que l’EPC doit être calculé sur une période et un volume représentatif (au moins un mois, et 500 clics réalisés sur un annonceur), sinon il manquera de fiabilité.

Sur mes sites, je considère les indicateurs suivants :

  • EPC < 20cts = Faible, peu d’emphase sur ces partenaires
  • EPC entre 20 et 50 cts = Passable
  • EPC Entre 50cts et 80cts = Excellent
  • EPC > 80cts = Stars (10 % de nos partenaires)

Les deux paramètres qui influencent l’EPC d’un annonceur sont :

  • La commission proposée
  • Le taux de conversion de l’annonceur

Il est important d’expliquer à vos annonceurs que c’est l’EPC qui vous influence car il représente l’attrait réel d’un programme, bien plus que la commission qu’il propose.

L’annonceur doit donc non seulement travailler sur sa commission afin qu’elle soit motivante, mais également sur tous les éléments qui influent sur le taux de conversion de son programme :

  • Une bonne répartition des différentes rémunérations (abonnements, cartes cadeaux, boutique en ligne), avec une commission adéquate pour chaque type.
  • La durée du cookie de tracking d’affiliation (30 à 45 jours pour la majorité de nos annonceurs)
  • Le mode d’attribution (partage de commission récommandé plutôt que Last Click)
  • Le poids de votre site dans le cas de l’attribution par partage de commission
  • La bonne capacité à convertir des pages de l’annonceur
  • La bonne présentation de son concept sur le site de l’affilié
  • Les visuels de qualité
  • La popularité générale de ses produits
  • La mise en place d’une stratégie marketing global de la part de l’annonceur, dont vous n’êtes qu’un maillon, et pas le seul représentant.

Les opérations ponctuelles

L’affiliation est un business de volume, ce sont des centaines de conversions sur des dizaines d’annonceurs différents qui vont générer un revenu intéressant.

La plupart des annonceurs étant concentrés sur leur programme d’affiliation (ce qui est normal), vous recevrez certainement de nombreuses propositions d’opérations ponctuelles (code promo valable sur 3 jours, vente flash, etc.).

Si l’annonceur s’y retrouve évidemment en envoyant son opération ponctuelle à ses centaines d’affiliés, c’est loin d’être une aussi bonne opération pour vous : vous allez passer du temps à mettre en place cette opération sur votre site, pour finalement faire quelques ventes supplémentaires, qui ne rentabilisent pas le travail qui a été nécessaire pour la mise en place de cette visibilité.

Ne pas perdre son temps en affiliation.

À chaque fois que je mets en place une action sur mes sites, je me pose la question : est-ce que cette action aura un impact long terme sur les ventes de cet annonceur, ou est-ce juste pour quelques jours ? Le succès dans l’affiliation passe par la mise en place d’une suite d’actions ayant un impact sur la durée.

Affiliation et SEO

De nombreuse choses ont été dites sur l’incompatibilité entre une bonne position sur les moteurs de recherche, et un site rempli de liens affiliés.

Google pénalise-t-il l'affiliation ?

Quand on y pense, c’est plutôt logique : Google à pour but de valoriser du contenu qualitatif, et l’affiliation nuit à l’objectivité du contenu, car il rémunère un éditeur pour valoriser un produit non pas parce qu’il est meilleur, mais parce qu’il rémunère mieux.

Ainsi, même s’il est difficile de bien connaître les actions que Google mets en place contre l’affiliation (l’algorithme de Google est confidentiel), il faut partir du principe que Google ne voit pas l’affiliation d’un bon œil.

Cela est particulièrement vrai pour les plateformes d’affiliation traditionnelles, dont les liens de redirection sont facilement repérables par Google.

Conseils :

  • Alterner des liens naturel, et des liens affiliés, pour ne pas avoir un site qui soit truffé de liens affiliés (Il est recommandé de ne pas dépasser les 30 % de liens affiliés sur pages vs. liens externes classiques).
  • Convaincre les annonceurs de travailler avec de plateformes qui utilisent d’autres technologies que les liens de redirection (comme Affilae, qui utilise des liens traditionnels, avec des ancres à la fin, bien plus difficile à identifier comme des liens affiliés).

La déduplication

La déduplication, c’est un peu la bête noire de l’affilié, et également le joker de l’annonceur.

Pour faire simple, quand certains annonceurs lancent leur programme d’affiliation, ils ont peur de devoir payer des commissions sur des ventes qui sont également attribuées à d’autres canaux (Facebook ad, Google adword, newsletter, promotions internes, retargeting, etc.). Ceux-ci vont donc décider arbitrairement et unilatéralement d’annuler des conversions que vous avez réalisées qui sont jugées comme dupliquées avec leurs autres moyens d’acquisition.

Ce mode de fonctionnement est toxique pour plusieurs raisons :

La déduplication est totalement opaque pour l’affilié, qui ne peut faire autrement que de faire confiance à l’annonceur (qui a souvent la main lourde, car c’est à son avantage).

La déduplication en affiliation.

Le fait qu’un Internaute soit passé par un autre canal d’acquisition de l’annonceur n’enlève en rien le mérite de l’affilié d’avoir convaincu celui-ci.

Ainsi, si un affilié envoie un Internaute sur le site de l’annonceur, et que l’annonceur utilise le retargeting pour faire revenir l’internaute et acheter une semaine après, est-ce que l’affilié ne reste pas le déclencheur initial de cette vente ?

Un tel fonctionnement brise la dynamique d’un affilié avec son annonceur, qui ne sait jamais si les conversions qu’il réalise seront bien comptabilisées au bout du compte, et casse donc sa motivation.

Mon conseil : ne pas travailler avec un annonceur ayant un taux d’annulation de vos conversions supérieur à 5 %, vous perdrez votre temps.

Les tâches régulières de l’affilié

En tant qu’affilié, vous devez mener un certain nombre de tâches de manière régulière afin d’assurer la pérennité de votre entreprise.

Suivi de bon fonctionnement du tracking

Vous devez vérifier régulièrement que le tracking fonctionne, surtout sur vos gros annonceurs, sans quoi vous risquez de perdre une période importante de revenus, qui ne pourront jamais être récupéré.

Cette vérification est souvent faite par les account manager sur les grosses plateformes traditionnelles, mais sur les plateformes plus petites, les SaaS ou les plateformes intégrées, c’est à vous de vérifier.

Il y a deux possibilités de mauvais fonctionnement du tracking.

Les clics ne sont pas pris en compte

Si vous constatez que vous avez un gros trafic sur une page sur laquelle vous parlez d’un annonceur, mais que vous ne comptabilisez aucun clic, cela veut certainement dire que le code de tracking n’est pas intégré correctement sur le site de l’annonceur (ou n’est pas intégré du tout).

Cela arrive notamment lorsqu’un annonceur mets à jour son site, et oublie de remettre en place son tracking.

Les ventes ne sont pas prises en compte

À l’inverse, vous générez de nombreux clics vers le site de l’annonceur, mais aucune vente : il y a certainement un problème dans le tracking des ventes (code de tracking sur les pages de confirmation de vente).

À noter qu’il n’y a pas forcément de dysfonctionnement dans ce cas précis, cela peut aussi vouloir dire que l’annonceur à un très mauvais taux de conversion. Si vous n’avez aucune conversion après plus de 200 clics (Taux de conversion inférieur à 0,5 %), il n’est peut-être pas nécessaire de continuer avec cet annonceur.

Le suivi de l’EPC

Comme nous l’avons vu sur le chapitre concernant l’EPC, cette mesure fait partie des plus importantes à suivre, afin de mesurer l’attractivité des annonceurs que vous publicisez. Ainsi, il est recommandé de faire un export tous les mois de l’EPC de tous vos annonceurs, puis de réaliser un classement, afin d’identifier les annonceurs à fort potentiels sur lesquels vous allez passer du temps à optimiser la visibilité.

Suivi des factures

Dans la cadre des plateformes traditionnelles, les account manager feront le suivi du paiement des factures affiliés. Cependant, pour les plateformes d’affiliation de type SaaS ou internalisées, c’est à vous de facturer et vérifier le bon paiement de vos factures.

Diversifier ses revenus

Enfin, même quand les revenus sont importants, cherchez toujours à diversifier vos revenus :

  • En travaillant avec plusieurs annonceurs : un seul annonceur ne devrait pas représenter plus de 25 % de votre revenu, sinon vous en deviendrez dépendant, avec le risque que le flux de revenus s’arrête du jour au lendemain.
  • Et trouvant des sources de revenus parallèle à l’affiliation : publicité en ligne, articles sponsorisés, plans de mise en avant pour vos annonceurs, etc.
À vous de jouer : lancez un site affilié.

6 réflexions sur “Affiliation : le guide complet de l’affilié”

  1. Salut Michaël !

    Sympa l’article, un des meilleurs sur l’affiliation (et bravo pour le travail fourni).
    On sent la vraie expérience dans l’affiliation – pas un article pondu par quelqu’un qui a juste copié-collé ce qu’il a déjà lu ailleurs (ce qui est assez fréquent malheureusement…).
    La classification des annonceurs m’a fait rire … mais est tellement vraie !

    « Les paiements sont récupérés par la plateforme, il y a donc moins de risques d’impayés, et de retards de paiement. »
    => je peux confirmer qu’avec Awin, ce n’est pas le cas malheureusement …
    Je dois toujours courrir après eux et les différents partenaires sur la plateforme. Je ne comprends même plus la valeur ajouté d’Awin.
    Et apparemment je ne suis pas le seul dans cette situation : http://www.webentrepreneurdebutant.fr/forum/viewtopic.php?f=19&t=20393&p=148032&hilit=awin#p148032

    PS : Il y a dans ces dessins, un côté très « Wait But Why » ^^

    1. Bonjour Paul,

      Merci beaucoup pour ton commentaire, c’est toujours intéressant d’échanger sur le sujet.

      Concernant la récupération des commissions, tu as raison, le passage par une plateforme traditionnelle ne garantie pas celle-ci, et en plus, ceux-ci jouent souvent la montre pour payer leurs affiliés (jusqu’à 6 mois plus tard). Je mets à jour l’article dans ce sens.

      Je suis plutôt d’accord avec toi sur le fait que la valeur ajoutée des plateformes traditionnelles s’est considérablement réduite aujourd’hui, ils vendent souvent une prestation de suivi au prix fort aux annonceurs, qui n’est au bout du compte pas toujours au niveau.

      Le seul avantage qu’ils ont encore, c’est une base d’affiliés conséquente à proposer aux annonceurs, mais pas forcément la plus qualitative.

      Si un annonceur me pose la question, je recommande en général Affilae, car cela me permets d’avoir une relation plus efficace avec l’annonceur, et ça lui coûte moins cher.

      Ps : Tu as raison pour Wait But Why, c’est je pense mon site préféré (notamment les articles « The AI Revolution » et « The Fermi Paradox » que j’ai adorés), donc il y a forcément de l’inspiration 😉

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